Lundi 10 août 2009 1 10 /08 /2009 16:00
Spéciale dédicace à tous les parents... que je ne suis pas, pour le moment...


Tout commença un matin au petit déjeuner. J’étais tranquillement assis, comme à mon habitude, le nez dans mon journal, savourant mon café-croissant et écoutant d’une oreille distraite le brouhaha produit par mes enfants. S’approchant de moi, mon fils Hervé, ainé de mes rejetons, âgé de 10 ans, me raconte :
-Tu sais Papa, à l’école mes copains ont dit que j’étais nul en clarinette et que la musique que je jouais n’était même pas jolie.

Il faut dire que mon fils venait, il y a quelques jours de faire son premier récital de musique solo à la clarinette. C’était un évènement pour lui et je n’avais malheureusement pas pu y assister, retenu par mon travail. Il faut dire aussi que, ce matin là, j’étais particulièrement de mauvaise humeur, tracassé par des évènements fâcheux que je devais affronter à mon bureau.

Levant à peine le nez de mon journal, avalant une gorgée de café, je lui répondis sans réfléchir : -C’est vrai que tu fais souvent des fausses notes, d’ailleurs avec ta mère, on trouve que ça nous casse les oreilles… Je fus interrompu par ma femme qui venait chercher Hervé pour le départ à l’école. Je me préparais moi-même, ajustais ma cravate et partis rejoindre mes tâches quotidiennes.

Quelques semaines plus tard, je dus emmener mon fils à son cours de musique du mercredi. Dans la voiture, mon fils boudait et me dit :
-Je n’ai plus envie d’aller aux cours de clarinette, je trouve ça nul de faire de la musique.
Je fus surpris, car, depuis des années, la clarinette était la joie de mon fils. Il trépignait toujours d’impatience à l’idée de rejoindre son cours de musique. Mais moi, vieil adulte, perdu dans mes préoccupations d’adultes, j’oubliais vite cette remarque, espérant que je serai à l’heure pour mon travail avec tous les bouchons qu’il y avait ce jour là.

Plus tard, ma femme me fit part de son inquiétude. Elle avait reçu un appel du prof de musique d’Hervé qui avait constaté une démotivation sérieuse de son élève et qui se faisait du souci. Ma femme me raconta alors que, depuis quelques semaines, Hervé refusait de faire ses répétitions de musique à la maison et qu’elle devait insister pour qu’il travaille au moins le solfège.
-Est-ce que tu as remarqué quelque chose ? m’interrogea-elle.
-Tu sais chérie, j’ai moi-même été très préoccupé ces derniers temps. J’ai un client récalcitrant qui me donne bien du souci. Je l’ai rencontré en urgence le soir du récital de musique d’Hervé, tu te souviens ? C’est d’ailleurs pour cette raison que je n’ai pas pu être présent ce soir là…
En prononçant ces mots, mon regard se figea net ! Je me laissai tomber sur ma chaise, la tête entre les mains… Je savais à présent à quel point j’avais été un père maladroit et inattentif.

Le mercredi suivant, j’avais décidé d’arriver en avance à la fin du cours de musique de mon fils et d’assister à la fin de sa répétition. Je fus frappé par les difficultés dont il faisait preuve et par le nombre de fausses notes qu’il produisait. Il ne m’avait pas habitué à ça et je compris la détresse qu’il devait vivre. Dans la voiture, je lui dis :
-Tu sais mon fils, je suis fier de toi, tu es très persévérant à la clarinette et je suis sûr que tu seras un grand musicien.
Mon fils me regarda avec les yeux pleins d’étoiles :
-Mais, Papa, je croyais que je vous cassais les oreilles à Maman et toi à la maison ?
-C’est vrai que je t’ai dit ça, mais il se trouve que je me suis trompé. Ta mère et moi avons été consulter un accordeur d’oreilles la semaine dernière car nos oreilles étaient toutes cassées. Il a eu beaucoup de mal à les réparer et nous étions très inquiets. Comment pourrait-on écouter tes concerts si nos oreilles ne pouvaient pas être réparées ? Mais heureusement, il a trouvé d’où venait le problème et tout est rentré dans l’ordre. Alors, tu vois, ce n’était pas toi qui nous cassait les oreilles, c’est juste que nos oreilles étaient déréglées…

Hervé sourit et me répliqua :
-Mais, Papa, ça n’existe même pas un accordeur d’oreilles.
-Mon fils, crois moi, lui dis-je, tu as fait de nombreux progrès à la clarinette et je ne savais pas t’entendre.

Les semaines suivantes, Hervé redoubla d’efforts sur ses répétitions de clarinette et fit des progrès considérables. J’étais heureux de le voir réconcilié avec la musique.

Je compris alors que mes enfants avaient besoin d’être encouragés dans ce qu’ils entreprennent. Même si, à mes yeux, ils pourraient faire bien mieux, je dois les valoriser là où ils en sont et simplement les regarder avancer. Quel père étais-je pour juger aussi sévèrement mon enfant, au point de le décourager dans ses efforts ? Je me promis d’être bien plus attentif.

Ma femme fut ravie de voir notre fils reprendre confiance en lui. Un soir, elle vint me trouver et me demanda :
-Chéri, est ce que tu sais pourquoi Hervé me parle d’un accordeur d’oreilles ?
Je lui racontais toute l’histoire et nous avons passé ce soir là, en riant et imaginant notre visite chez l’accordeur d’oreilles, se promettant, surtout d’être vraiment à l’écoute de nos enfants désormais.
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Mercredi 1 juillet 2009 3 01 /07 /2009 19:29

Il était une fois une très belle princesse qui vivait dans un magnifique chateau. Sa vie n'était que merveille: elle avait grandi entourée de soins et d'attentions, elle avait beaucoup d'amis et tout le royaume était à son service.


Un jour, son père, le roi, trouva qu'il était temps de s'inquiéter de la succession de son royaume et convia la princesse à chercher un époux. Comme dans tous les royaumes, tous les princes charmants des alentours furent conviés à rencontrer la belle. De nombreuses visites se faisaient chaque jour: la dame souriante, sa conseillère matrimoniale avait organisé les rencontres. Chaque prince avait environ quinze minutes pour discuter et tenter de séduire la belle, la conseillère avait appelé ces entrevues du "Speed charming" et était convaincue que pour trouver un prince charmant il fallait être efficace et ne pas perdre de temps.

La princesse rencontra de nombreux princes, mais après plusieurs semaines de "Speed charming" acharné, elle n'en trouva, hélas, aucun qui lui convenait. Elle décida alors, en concertation avec dame souriante, qu'il serait bon de faire une pause. Le printemps s'achevait et elle décida de reprendre les rencontres après l'été. Elle pourrait ainsi, profiter de quelques vacance
s bien méritées.

Pendant ce temps, sa belle mère, nouvelle épouse du roi, complotait. Elle était bien décidée à faire de sa fille, la demi-sœur de la princesse, l'héritière du royaume. Elle décida donc de réunir une commission des meilleures crapules, afin de faire disparaître notre princesse.

La chose fut aisée à organiser, depuis des décennies, de nombreuses techniques ont été mise en œuvre pour que les princesses n'épousent pas leur prince charmant:
Pour notre princesse, tout commença par une course poursuite dans un couloir. La première crapule que sa belle mère avait choisie se nommait Ursula. Cette dernière poursuivait ses victimes avec une quenouille affutée, leur piquait le doigt pour les faire dormir cent ans. Il faut dire que cette technique avait particulièrement bien marché avec la belle au bois dormant.


Mais notre princesse, ayant pris des cours de karaté royal, ne tomba pas dans son piège... Se retrouvant nez à nez avec Ursula, elle lui asséna un méchant coup sur la tête. Cette dernière, se piqua le doigt en tombant et se mit à ronfler pour les cent prochaines années.

Par la suite, la méchante belle mère envoya Kristof!! C'était un méchant sorcier, spécialiste des pommes empoisonnées. Il se déguisa en petit garçon, et s'en alla offrir une pomme à notre princesse. Cette dernière, fut touchée par cette délicate attention. Mais depuis l'épopée de sa cousine Blanche Neige, notre princesse avait été prévenue maintes et maintes fois de ne pas manger les pommes offertes par des inconnus. Elle jeta donc, aussi sec, la pomme à la poubelle.

Puis, elle rencontra la fée carabosse, qui tenta de lui jeter un sort de laideur. La princesse contra le sort en utilisant son miroir magique, qui lui disait toujours qu'elle était la plus belle. Elle se servit de ce dernier comme bouclier de protection et le sort fut renvoyé à son destinataire. La fée carabosse devint la fée la plus laide du royaume.

De nombreuses crapules se succédèrent, en vain. Les princesses d'aujourd'hui, entraînées par les meilleurs coachs du royaume, ne se laissent plus prendre au piège de ceux qui veulent
les empêcher d'épouser les princes charmants. Notre princesse lassée de ce genre de rencontres, était aussi lassée de devoir trouver un prince charmant pour faire plaisir à son père, le roi.

Elle décida de troquer ses vêtements de princesse et de partir l'été à l'aventure dans son royaume, habillée comme une paysanne.

Après bien des rencontres et des aventures, elle rencontra un jardinier:
-Je recherche une assistante, lui dit-il. Êtes-vous intéressée pour ce travail?
La princesse accepta volontiers, mais elle ne savait pas travailler la terre, ce n'est pas le genre de choses que l'on apprend à une princesse. Le jardinier, très patient, lui enseigna tout son art et notre petite princesse devint une vraie main verte.

Elle trouvait ça si agréable de jardiner qu'elle oublia de rentrer au royaume à la fin de l'été. La dame souriante, qui avait organisé de nouvelles rencontres de "speed charming" se retrouva face à une foule de prétendants sans pouvoir leur présenter la belle. Le roi, inquiet, envoya ses meilleurs soldats à la recherche de sa fille. Aucun ne la trouva, car ils furent incapables de la reconnaître habillée en jardinière.

Quelques semaines passèrent et notre petite princesse rentra au royaume, sans se douter du désordre qu'elle avait pu causer. Son père l'accueillit d'une humeur détestable, lui exprimant qu'il était urgent qu'elle trouve enfin un prince, qu'elle n'avait plus de temps à perdre en promenades et tâches ingrates avec les paysans. La princesse promit à son père de reprendr
e les rencontres le lendemain.

Cette nuit là, elle imagina une nouvelle manière de rencontrer les princes. Elle, qui avait tellement apprécié le jardinage allait les recevoir en tenue de jardinière, ainsi, elle leur montrerait cette passion qu'elle aimait tant.
Lorsque les rencontres commencèrent, les princes furent repoussés par cet accoutrement, indigne d'une princesse. Aucun ne souhaita l'épouser. De jours en jours, les princes se succédèrent et eurent tous la même réaction:
-Beurk! Une princesse jardinière! Ce n'est pas digne de devenir la reine d'un royaume et c'est repoussant!

La princesse fut très déçue de cette expérience. Elle qui croyait que rencontrer un prince charmant serait merveilleux! Elle  se rendit compte que, tous ces princes, ne s'intéressaient à elle que pour son royaume et pour sa beauté. Elle aurait aimé qu'ils puissent l'aimer pour qui elle était vraiment. Finalement, ce n'était pas si merveilleux d'être une princesse et d'épouser un prince charmant... Elle préférait nettement la vie simple qu'elle avait menée chez le jardinier.

Elle alla trouver son père, sa belle mère et sa sœur et leur annonça qu’elle renonçait à l'héritage du royaume et qu'elle voulait vivre parmi les paysans. Son père fut scandalisé par cette nouvelle. Sa belle mère en fut ravie, car le royaume revenait ainsi à sa fille.

Ils laissèrent donc partir la princesse là où elle le désirait et organisèrent des "speed charming" pour la demi soeur de notre héroïne.

La petite princesse retrouva son jardinier. Sa demi-sœur commença les rendez vous épuisants de speed charming. La princesse et le jardinier eurent un très beau jardin et se marièrent. La demi soeur trouva le prince qui lui convenait c'était le plus beau et le plus prétentieux de tous les environs, mais le royaume fut comblé.

Jamais la petite princesse ne regretta son choix de vie. Elle était heureuse d'avoir quitté le monde superficiel du château royal, basé sur le pouvoir et les apparences. Elle vivait une vie simple au côté de quelqu'un qui l'aimait pour ce qu'elle était et cela, à ses yeux, valait tous les royaumes du monde...

 

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Mardi 23 juin 2009 2 23 /06 /2009 10:05

Ils trouvèrent une petite crique hexagonale sur laquelle le cardeau accosta sans problème. Le trio des triangles décida d’y établir son campement pour la nuit. Equilatéral et triangle rectangle partirent à la recherche de bois pour faire un feu et de nourriture hexagonale. Isocèle, quant à lui, se mit à étudier le langage des hexagones. Ce langage était particulièrement bizarre. Il n’était pas très difficile à apprendre, mais était plein de sons en x. Au pays des triangles, il n’y a pas beaucoup de mots en x, Isocèle dut s’entrainer à la prononciation de ce son particulier. Rien que le mot hexagone était difficile à prononcer pour un triangle.

 

Lorsque ces compagnons furent de retour, Isocèle était devenu un as de la diction des sons avec des x et avait appris les rudiments du langage hexagonal.

-Xaloah, dit il à ses compagnons pour les accueillir. Cela veut dire bonjour en langage hexagonal, leur expliqua-t-il.

Equilatéral et triangle rectangle répétèrent le mot xaloah, pour saluer à leur tour leur ami et l’encourager dans son apprentissage.

 

Triangle rectangle ramassa des branches et des brindilles ramassées dans la forêt et alluma un bon feu. Pendant ce temps, Equilatéral montra à Isocèle le fruit de leurs recherches alimentaires. Il y avait du liévragone, petite créature à grandes oreilles et aux grands yeux hexagonaux, qui vit dans la forêt hexagonale et qui se déplace en bondissant. Après avoir vérifié son guide alimentaire, ce fut un jeu d’enfants de capturer l’animal, à grand renfort de kung-fu triangle. Equilatéral sur les consignes de triangle rectangle avait ramassé des baies. Il y avait des hexagonomûres et des framboixagones, qui étaient des petites baies hexagonales, les unes violettes, les autres rouges. Il avait également récolté quelques herbes aromatiques.

 

Le feu allumé, triangle rectangle se mit à concocter du liévragones aux baies. Le festin dégagea un tel fumet qu’il réveilla l’hexagoéland, toujours fermement ligoté. L’oiseau gesticula pour se libérer de ses liens, sans autre résultat que d’attirer l’attention d’Equilatéral.

-Que va-t-on faire de toi ? se demanda-t-il.

L’oiseau se secoua, ouvrit de grands yeux et sortit un profond cri qui paraissait désespéré.

-Couax ! fit l’hexagoéland.

Equilatéral se souvint alors que l’animal avait été dressé. Il consulta son guide du géométrimonde mais ne trouva rien de précis sur le dressage de cet oiseau. Il se dit qu’avec l’aide d’Isocèle et du langage hexagonal qu’il était en train d’apprendre, il y aurait surement un moyen de communiquer avec la bestiole. Il entreprit de remettre à plus tard le projet et de nourrir leur nouveau compagnon. Il lui donna un peu de framboixagones et d’ hexagonomûres qu’il avait ramassé.

 

Pendant ce temps, Isocèle étudiait inlassablement le langage des hexagones. Maintenant qu’il maîtrisait parfaitement la prononciation, il apprenait grammaire, vocabulaire et conjugaison. C’était facile pour lui, il avait de grandes capacités d’apprentissage et une rapidité de compréhension spectaculaire. C’est pour cela que le grand sage triangle lui avait confié le livre du langage. Le vieux sage savait qu’il était le seul triangle capable d’apprendre en un éclair plusieurs langages géométriques. De plus, Isocèle était très sociable, parler avec d’autres êtres encore inconnus serait pour lui un jeu d’enfants. Près du feu, alors que triangle rectangle continuait sa préparation culinaire, Isocèle s’entrainait. On l’entendait prononcer des suites de mots inconnus et des sonorités bizarres.

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Vendredi 19 juin 2009 5 19 /06 /2009 10:43

Il était une fois, un trapéziste du ciel qui bondissait de nuage en nuage.

Il n'avait pas de rôle particulier dans ce ciel, il avait décidé de s'installer dans les nuages car le lieu lui plaisait. Il y était bien et bondir de nuages en nuages, faire du trapèze et se balancer était son activité préférée.

Il observait le monde d'en haut et était un peu perché dans univers. Il était un peu seul, mais la joie de vivre dans ses nuages était sans limites et cela lui convenait fort bien.

Un jour, il rencontra une funambule, qui elle aussi vivait dans les nuages et aimait faire des figures dans le ciel.
Ils se parlèrent et échangèrent sur leur venue tout là haut. Ils étaient très différents, car il n'aurait jamais pu marcher sur un fil comme elle le faisait, et elle n'aurait jamais pu bondir de nuage en nuage comme lui.

Il fallait pour eux cohabiter et partager le ciel, alors que chacun avait l'habitude d'être bien, seul dans son coin dans les nuages. En plus, parfois le trapéziste déstabilisait la funambule à force de bondir dans tous les sens.

Mais le temps passa et le trapéziste et la funambule prirent l'habitude de se côtoyer, petit à petit. Ils savaient que dorénavant, l'autre serait toujours là pour partager un bout de son ciel, même s'ils ne l'avaient pas prévu au départ.

Alors, avec le temps ils se coordonnèrent et prirent l'habitude de s'entraîner ensemble. C'était un spectacle très beau de voir un trapéziste bondir tout autour d'une funambule qui déambule.

Personne ne pouvait voir ce beau spectacle, à part eux, mais ils étaient heureux de s'être rencontrés tout là haut. Ils avaient pu, avec un peu de temps trouver une harmonie qui permet à chacun d'être plus adroit dans son art. Ils partageaient la passion du ciel et étaient bien ensemble.

Ils avaient appris à s'apprivoiser et désormais, il était indispensable pour eux de partager son coin de ciel et de continuer à vivre, bondir et déambuler dans les nuages côte à côte...

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Mercredi 17 juin 2009 3 17 /06 /2009 10:09

La sieste de nos trois compères fut longue et agitée. Qu’allait-il leur arriver durant leur périple ? Quelles aventures incroyables allaient-ils vivre ?

Pendant leur sommeil, le cardeau continuait de voguer au gré du vent et des courants. Il commençait à se rapprocher d’une terre encore inconnue sans que nos amis, plongés dans leur sommeil, ne s’en aperçoivent.

Tout à coup, un violent choc déstabilisa leur embarcation. Le cardeau tangua, se déséquilibra. Les passagers, brutalement réveillés, s’accrochèrent du mieux qu’ils pouvaient pour ne pas passer par-dessus bord. Equilatéral observa les environs : rien à signaler, ni récif proche, ni objet ou embarcation présents dans l’eau... Pas la moindre cause d’impact.

 

Soudain, sortie des nuages, une créature volante s’élança contre la voilure et la percuta de nouveau. C’était une créature toute noire, d’une forme encore jamais rencontrée par les triangles, avec de très nombreux angles. Son regard, jaune et agressif, ne laissait aucun doute sur ses intentions. Aussitôt qu’elle eût percuté le navire, la créature s’élança à nouveau dans le ciel, bien décidée à renverser pour de bon l’embarcation. Triangle rectangle, bien décidé à ne pas se laisser faire, se mit en position de Kung-fu triangle, prêt à riposter. La créature se précipitait, à présent vers lui et il décida de la regarder dans les yeux, lui faisant comprendre à qui elle avait à faire.

 

Lorsqu’elle fut à sa portée, il exécuta une de ces plus belles prises, mais la loupa de peu. L’animal, surpris, s’écarta de l’embarcation et manqua ainsi de le percuter une seconde fois. Cette confrontation eût pour effet d’attiser l’agressivité de l’oiseau, qui, rapidement s’élança contre le cardeau. Triangle rectangle se concentra de toutes ses forces, il était hors de question pour lui de laisser une bestiole, entraver leur voyage. Lorsque la créature fut à sa portée, il exécuta avec grâce une figure hypnotisante très efficace. L’oiseau tomba immédiatement sur le bateau, inanimé. Fier de lui, triangle rectangle ligota l’animal afin qu’il ne puisse plus faire de dégâts.

 

Encore sous le choc de cette rencontre, le trio des triangles s’installa à nouveau sur le cardeau. Equilatéral entreprit de consulter son guide du géométrimonde et d’y faire des recherches sur cet animal et le pays d’où il vient.

-Hexagonie, trouva-t-il, c’est le pays d’où il vient. Cet animal est un Hexagoéland. Il est dressé par les hexagones pour surveiller la mer hexagonale et repousser les assaillants. Cet animal est inoffensif, à l’origine, et végétarien. Lors de son entraînement, on lui donne de la viande avariée, ce qui a pour effet de le rendre agressif et augmenter sa capacité au combat.

-La terre que l’on aperçoit au loin est sûrement l’Hexagonie, dit Isocèle.

-Que va-t-on faire de l’animal ? Leur demanda Equilatéral.

-En tout cas, il ne se mange pas, grommela triangle rectangle, qui avait lui aussi consulté son livre. Il n’a aucun goût et provoque des poussées de pustules triangles si on ose y goûter. Pourtant, je l’aurais bien fait cuire, l’animal, continua-t-il.

Ils décidèrent de s’occuper du sort de l’oiseau un peu plus tard et orientèrent le cardeau vers cette terre qu’ils apercevaient au loin. La nuit commençait à tomber, ils pourraient ainsi, faire une arrivée discrète en Hexagonie.

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Il était une fois... des contes pour les petits et aussi pour les grands. Pour voir la vie du bon côté, rêver, s'évader, grandir...

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