Mardi 2 mars 2010 2 02 /03 /2010 18:09

Retrouvez les épisodes précédents dans la catégorie: Episodes: histoires géométriques

 

Pendant ce temps, le roi des losanges, recevait la visite de son espion favori: Losanglion. Ce dernier, venait lui apprendre des nouvelles étonnantes du monde Géométrique:

-"Votre excellence" s'écria-t-il,"les carrés ont quitté la Caronie! Ils ont réussi à aller dans une île lointaine que nous n'avons pas encore exploré" continua-t-il.

-"Intéressant!" s'exclama le roi, "quelle est cette île dont tu me parles?"

-"il s"agit de l'île du triangle des bermudas", répondit-il. "Les carrés envoyés en exploration s'y sont échoués et risquent de ne plus jamais en revenir..."

-"Continues, fidèle serviteur" demanda le roi losange de plus en plus intéressé.

-"Les fruits triangulaires qui se trouvent sur cette île les ont rendus très malades. En ce moment même, ils souffrent de nombreuses douleurs, ainsi que de déformations angulaires très importantes"

-"C'est formidable!" s'écria le roi. "Depuis le temps que je rêve de conquérir la Caronie, voilà une occasion extraordinaire! Avec ces fruits en grande quantité, je rendrai toute la Caronie malade et leur pays m'appartiendra..."

-"Ce n'est pas tout, votre excellence", continua l'espion, "une délégation de triangles a été envoyée en Rondonie pour trouver un antidote. On dit qu'ils seraient actuellement en Hexagonie."

-"Comment?", s'exclama le roi Losange, "Mais ce n'est pas possible! La Rondonie est une légende! Personne n'en a plus entendu parler depuis des centaines d'années!"

-"Pourtant, ils ont reçu des consignes très précises et trois guerriers triangles sont en route."

-"Très bien Losanglion, les informations que tu me donnes sont capitales pour la suite de mes projets. Mon heure de gloire se rapproche... Je t'ordonne de retrouver ces triangles et de me tenir informé de leur avancée. S'ils trouvent la Rondonie, je m'emparerai du pouvoir des guérisseurs ronds et deviendrai un roi très puissant. Les carrés n'auront jamais leur antidote, la Caronie deviendra une annexe du pays losange et avec les pouvoirs des sages de Rondonie, je pourrai conquérir le reste du Géométrimonde." Il éclata de rire, se réjouissant à la pensée de tout ce qu'il venait d'apprendre.

 

Le roi losange congédia son fidèle espion et convoqua le Général Losangiator, chef des armées.

-"Je t'ordonne d'envoyer des troupes sur l'île des bermudas. Là, tu t'assureras de maitriser à ta guise la population et tu me ramèneras le plus de fruits triangles que tu pourras trouver. Ensuite, avec ces fruits, tu mettras en place une opération d'empoisonnement de la Caronie."

-"A vos ordres, votre majesté", répondit Losangiator avant de quitter à son tour la place royale.

 

Hors du palais, Losangiator s'interrogeait. Il n'avait pas la moindre idée de l'endroit exact où se trouvait l'île que son roi avait évoqué, encore moins de quelle manière il allait pouvoir y envoyer ses troupes.

-"Les carrés sont bien plus avancés que nous avec leur cardeaux. Nous ne disposons pas de telles embarcations. Je devrai trouver un moyen rapide et précis de voyager avec mes troupes".

Il se mit donc en quête de Léonardo-Di-Losangio, le plus grand inventeur du pays. Ce savant aurait sans doute quelques dernières inventions à lui présenter pour mener à bien sa mission. Léonardo-Di-Losangio vivait à l'autre bout du pays des losanges. Losangiator enfourcha donc sa fidèle monture (un dromalosange) et prit la route.

 

Chemin faisant, il s'arrêta chez l'espion Losanglion afin d'avoir plus de précisions sur l'île des bermudas et sa population. Il apprit que l'île des Bermudas était très difficile à atteindre: de forts courants marins et de nombreuses bourrasques empêchent une bonne navigation.

- « Les embarcations des carrés résistent bien à ces intempéries grâce à leurs angles droits, précisa Losanglion. C'est pour cela qu'ils ont atteint l' île des Bermudas sans encombres. Nos petits bateaux Losanges ne sont pas aussi résistants et s'écroulent dès que les vagues deviennent trop fortes. La seule manière pour nous de savoir ce qui se passe sur cette île est d'envoyer des pilosanges pour la survoler. Ces oiseaux savent communiquer avec nous et nous racontent ce qu'ils ont pu y observer. »

 

Losangiator repartit avec une description détaillée de l'île et les indications de son emplacement exact sur le mer géométrique.

 

Chevauchant son dromalosange, il partit galopant à la rencontre de Léonardo-Di-Losangio. Il savait que le vieux sage ne collaborerait pas facilement et espérait mener à bien les négociations.

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Lundi 18 janvier 2010 1 18 /01 /2010 20:00

Il existe,  très loin dans la galaxie, une planète nommée Urtensia. Elle a été crée en même temps que la terre et, au moment de leur naissance, elles se trouvaient toutes proches l'une de l'autre.


Urtensia et la terre ont de nombreux points commun: elles possédent toutes deux une atmosphère, des continents, un climat, de l'eau et des habitants. On pourrait ainsi dire qu'Urtensia est une cousine de la terre tant leurs ressemblances sont fortes. Avec le temps et l'expansion de l'Univers, les deux planètes se retrouvèrent chacune à l'autre bout de la galaxie et peu de gens aujourd'hui sur terre ne se doutent de l'existence des Urtensiens.

Les Urtensiens sont bien différents des terriens. Ces petits êtres bleus vivent par groupes, se reproduisent par division, comme les bactéries de la terre: il n'y a donc ni mâle, ni femelle. ils sont si légers qu'ils se déplacent en flottant dans l'air. Mais ce qui les caractérise par dessus tout, c'est que chaque Urtensien nait, vit et meurt avec un Narglub attitré. 

Il est difficile de décrire ce qu'est un Narglub, tant il n'existe aucune chose similaire sur Terre. Imaginez juste un prolongement de chaque être, situé à l'extérieur d'eux même. Les Narglubs gravitent en permanence autour de leur Urtensien, comme un petit satellite. Ils sont de couleur violette, parfois mauves et ont la forme d'une petite boule lumineuse qui se déforme parfois légèrement. Les Urtensiens, habitués à leur présence ne savent pas vraiment à quoi servent les Narglubs, ils savent juste que leur présence les rassurre. Les narglubs sont en fait une source de sagesse très grande, qui a la connaissance de toute chose. Ils prennent naissance avec les Urtensiens pour les aider à vivre et s'épanouir.

Pendant des millénaires la vie sur Urtensia fut un modèle pour l'univers tout entier. Les Urtensiens, grâce à leurs Narglubs étaient d'une bienveillance exemplaire et connaissaient tout ce qui se passait sur toutes les planètes, tous les systèmes solaires, toutes les galaxies. Ils vivaient en harmonie et aidaient les autres mondes à trouver la paix et la fraternité. De nombreuses guerres interplanétaires prirent fin grâce à leur intervention. Ils savaient apaiser les violences et leur action permettait de maintenir un précieux équilibre.

Mais un jour, un Urtensien très influent prénommé Napolazar, décréta que les Narglubs seraient désormais interdits. Chaque Urtensien fut donc invité à se débarrasser du sien, de gré ou de force. On installa partout d'énormes "poubelles à Narglub" où les Urtensiens vinrent déposer leur compagnon et exécuter les terribles ordres qu'on leur imposait.

Imaginez la détresse de chaque Urtensien à ce moment là: ils avaient toujours vécu avec leur Narglub, c'était la partie d'eux même qui leur permettait d'être sages et de faire les bons choix dans la vie. Cette séparation fut un déchirement terrible, mais personne ne s'imagina remettre en question les ordres de Napolazar.

Les Narglubs étant impossibles à tuer, ils furent bannis de la surface de la planète et envoyés dans l'atmosphère grâce à des canons, imaginés par les soldats de Napolazar. Le rituel se passa ainsi pendant des millénaires: chaque Urtensien à sa naissance venait déposer son Narglub et l'atmosphère s'en remplit petit à petit.

Urtensia devint ainsi une planète méconnaissable. Privés de leurs Narglubs, les Urtensiens n'avaient plus aucune capacité de réflexion, aucune mesure et le désordre s'installa. Napolazar déploya de nombreux soldats sur la planète et put ainsi contrôler à sa guise tous ses habitants. Il devint le maître d' Urtensia et voulut aussi devenir le maître de l'Univers,voulant profiter de la célébrité de sa planète auprès des autres mondes. Mais, sans la sagesse qu'apportait les narglubs, personne ne lui prêta attention et l'Univers oublia progressivement l'existence d'Urtensia et de ses habitants.

Les Narglubs, entassés dans l'atmosphère, n'en oubliaient pas pour autant les Urtensiens. Ils pensaient chaque jour à leur compagnon de naissance, leur envoyaient l'amour le plus profond et attendaient le jour où leur place serait de retour parmi eux.

Des milliers d'années passèrent ainsi, les Urtensiens oublièrent ce qu'était un Narglub et à quoi ils servaient. Ils se contentaient juste de mettre quelque chose à la poubelle à leur naissance sans comprendre. Les canons à Narglub fonctionnaient sans cesse et l'atmosphère se remplissait chaque jour un peu plus de ces êtres oubliés. Les Urtensiens devinrent des êtres stupides et des guerres sans fin éclatèrent dans ce monde.

En plus des guerres, des perturbations climatiques de plus en plus graves s'abattirent: des tempêtes, des orages, des inondations, des tremblements de terre.... L'atmosphère, saturée de Narglubs était à l'origine de tous ces désordres qui devenaient de plus en plus sévères. Il y eut un réchauffement de la planète, une fonte massive des glaciers. Mais les Urtensiens trop occupés à faire la guerre ne s'apercevaient de rien.

Dans le ciel, les Narglubs s'inquiétaient. Ils n'avaient plus beaucoup d'influence sur leurs compagnons, ils les voyaient progressivement se détruire et voulaient faire quelque chose. Ils décidèrent alors d'envoyer une délégation d'Urgence sur la planète Terre. Ils se souvenaient que cette planète était née en même temps qu'Urtensia et que les terriens étaient aussi dotés d'une grande sagesse, cachée à l'intérieur d'eux même.

La délégation de Narglub se téléporta jusqu'à la terre et commença à chercher de l'aide. Presque personne ne pouvait les voir: seulement les enfants et certains adultes qui avaient gardé un peu de magie et de candeur en eux. Ils leur racontèrent leur histoire, les terriens écoutèrent attentivement. Les Narglubs demandèrent aux terriens d'
envoyer leurs plus belles pensées de paix, d'amour et d'harmonie à la planète Urtensia. Les pensées du peuple de la Terre sont très puissantes pour les Urtensiens car les deux mondes sont très ressemblants.


Dès lors, petits et grands qui avaient pu voir les Narglubs s'employèrent chaque jour à imaginer la planète Urtensia devenant meilleure, remplie d'amour et retrouvant l'équilibre.

Grâce à cette aide, Urtensia devint plus calme et les habitants se reposèrent, il n'y avait plus de guerre. Mais les Narglubs étaient toujours bannis et les perturbations climatiques étaient de plus en plus inquiétantes. Avec l'encouragement des enfants de la terre, certains Narglubs redescendirent sur la planète Urtensia pour rencontrer leurs compagnons. Il fallut du temps pour que ces habitants réapprennent à vivre avec leur Narglubs et comprennent à nouveau à quoi ils servaient. Il y avait tout à refaire dans ce monde où on avait tout oublié. De plus en plus de Narglubs retournèrent vivre près de leur Urtensien, les perturbations climatiques devinrent moins inquiétantes.

L'équilibre revenait sur Urtensia, mais il restait encore du travail à faire. Les Urtensiens avaient besoin du peuple de la terre pour leur envoyer leurs plus belles pensées d'amour et d'équilibre. Alors chaque année, les Narglubs retournèrent sur la Terre demander leur aide à de nouveaux habitants.

C'est ainsi que depuis cette époque, des terriens reçoivent la visite des Narglubs. Peut être un jours les verrez vous vous rendre une petite visite? Ils apparaissent dans vos rêves,
vous sentirez alors une douceur infinie vous envahir et un sommeil apaisé. Pensez alors à cette planète, cousine de la Terre et à l'importance des belles pensées que vous lui enverez, votre aide leur est importante. Grâce à vous Urtensia retrouvera toute sa sagesse et vivra dans un bonheur infini...








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Jeudi 17 décembre 2009 4 17 /12 /2009 17:01

Il était une fois, une fée prénommée Alphabia. fee021.gif

Comme toutes les fées, elle avait de nombreux pouvoirs magiques pour émerveiller le monde, le rendre plus beau, plus gai et plus agréable. Elle était très appréciée et usait de sa magie pour répandre du bonheur sur la terre.

 Mais un jour, la planète où elle vivait traversa une grande crise de déprimose. Cette maladie est très grave: les gens sont tristes, ont peur de tout et se sentent malades. Le climat en est aussi affecté : le ciel devient tout gris, il fait froid et les gens s'enferment chez eux.

Alphabia, voyant cette crise arriver, décida qu'elle traverserait l'épidémie sans en être atteinte. Elle usa de sa magie pour répandre encore plus de bonheur sur la terre et empêcher la mélancolie des habitants. Malheureusement, sa magie, n'était pas suffisante pour lutter contre la contagion et très vite, elle s'épuisa.

Elle resta seule , errant et observant les habitants qui broyaient du noir. A chaque coin de rue elle pouvait observer la morosité ambiante. Le pire, c'est que plus les gens déprimaient, plus ils se plaignaient et plus les gens se plaignaient, plus ils déprimaient: la déprimose s'installait plus sévèrement chaque jour parmi la population.

Alphabia, malgré ses efforts pour rester joyeuse, ne tarda pas à être touchée, elle aussi. Elle voyait que sa magie ne servait plus à rien face au fléau qui régnait, elle se sentait inutile et se mit à déprimer. Rien ne pouvait plus enrayer sa tristesse, ses angoisses et ses mauvaises pensées, elle souffrait chaque jour de douleurs diffuses dans son corps et ne cessait de pleurer.  Elle décida alors de s'enfermer dans une boite pour toujours. Elle avait l'impression qu'ainsi, elle supporterait mieux la douleur.

  Le temps passa et Alphabia vécut sans lumière au fond de sa boite. Elle broyait du noir et vivait dans le noir, la déprimose ne la quittait pas. Elle ne voyait personne et ne voulait voir personne. Elle en vint même à se demander si le monde extérieur et la joie tels qu'elle les avait connus avaient vraiment existé.

Un jour, un écureuil vint se promener sur sa boite. Ne sachant pas ce qu'elle contenait, il décida d'y faire sa maison et commença à ronger le couvercle. Bientôt, un trou fut percé, le soleil pénétra et vint réveiller Alphabia. Le grand air du dehors s'engouffrait autour d'elle et elle fut saisie de froid. Surprise et saisie par cette intrusion, Alphabia bondit hors de sa boite et se retrouva à l'air libre, cédant sa place à l'écureuil, bien content de se pelotonner dans son nouvel habitat.


Dehors, elle put observer la déprimose qui continuait de faire rage parmi la population. Le ciel, toujours sombre, était rempli de gros nuages qui devenaient plus noirs encore avec le temps qui passait. Le vent soufflait et elle décida de se réfugier près d'un grand chêne qui se trouvait non loin de là.

Se blottissant entre les racines de l'arbre, elle fut dérangée par un objet qui lui piquait le dos. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'elle découvrit sa baguette magique! Cette dernière était encore toute recouverte de poussière de bonheur qu'elle avait tenté de disséminer avant de tomber malade. Secouant sa baguette, elle fit tomber un peu de poudre sur ses genoux et fut instantanément guérie.

Revigorée, Alphabia alla observer les environs et découvrit bientôt quelques fées qui, comme elle, n'étaient plus atteintes par la déprimose. Elle décida d'aller leur parler.
- Bonjour, leur dit-elle, vous n'êtes pas déprimées?
-Nous avons toutes été atteintes, lui répondit l'une d'elles prénommée Abricella, et nous avons dépassé la maladie. Un jour, le monde sera délivré lui aussi.
-Que doit-on faire pour libérer le monde? leur demanda Alphabia.
-On ne peut rien faire, sinon attendre et souhaiter le meilleur, répondit Abricella.
-Comment cela? interrogea Alphabia.
-Ce n'est pas compliqué, répondit une autre prénommée Ombrella, la déprimose permet de nettoyer le monde. Les gens de cette terre ne savent pas exprimer leurs souffrances, leurs tristesses et leurs peurs, de plus ils se chamaillent sans arrêt pour le pouvoir au détriment de leur bonheur. Ainsi, ils refoulent sans cesse à l'intérieur d'eux même leur mal être qui ne cesse de s'accroître. Plus le temps passe, plus le monde est affecté par cette souffrance profonde que les gens ne peuvent pas exprimer: c'est alors que survient la déprimose.
-Incroyable! s'écria Alphabia
-Ainsi, continua Ombrella, la maladie peut durer des années, voire des siècles mais elle finit toujours par s'arrêter. Lorsque les gens ont la déprimose, ils pleurent, ils souffrent, ils se plaignent, ils ont mal. En réalité, ils ne font que se libérer de leurs tourments passés. Le monde lui même se délivre, c'est pour cela que le ciel s'assombrit et les nuages menacent. La fin de l'épidémie est toujours marquée par un violent orage qui s'abat sur la planète entière. Les éclairs se déchaînent, la souffrance du peuple en est plus grande, puis la pluie fait rage et vient tout nettoyer sur son passage, emportant avec elle le reste du malheur des habitants et le chagrin du monde.
-Ensuite, le soleil revient toujours, continua Alphabia, comprenant ce que sa camarade lui expliquait.
-Bien sûr, répondit Ombrella, le soleil et la joie succèderont à la déprimose. Cette maladie fait rage depuis des millénaires, mais le peuple ne comprend pas son sens. Ainsi, lorsque le monde en a besoin, elle revient toujours accomplir son œuvre et le rééquilibrer, c'est le cycle de la vie....


fee043.gifOmbrella fut interrompue par une de ses compagnes:
-Trêve de bavardages! s'exclama cette fée autoritaire. Il est temps de préparer le repas. Qui veut éplucher des pommes d'air?

Ombrella, Alphabia, Abricella et toutes les autres se mirent à l'ouvrage et partagèrent un merveilleux festin.

Alphabia rejoignit cette compagnie de fées, attendant la fin de la déprimose. Elles étaient là pour observer le monde et lui apporter son soutien pendant cette épreuve. Depuis ce jour, elles œuvrent ensemble et attendent le bonheur du peuple.


Mais d'ailleurs, ne serais-ce pas un violent orage qui semble poindre à l'horizon?






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Lundi 26 octobre 2009 1 26 /10 /2009 12:19
Il était une fois, un troll jardinier, prénommé Greengarden, qui vivait à Trollville.

Trollville se situait en plein cœur du pays des troll et était réputée pour son concours de jardinage, organisé chaque année. On y récompensait le troll jardinier le plus original, celui qui savait faire pousser quelque chose que personne n'avais encore jamais fait pousser.

Ainsi, au fil des années, de nombreux lauréats, tous victorieux d'une culture incroyable se succédèrent. Il y eut Pépé Grand troll, qui réussit à faire pousser un arbre à saucisses grillées, le troll Grobalour qui put cultiver des althères pour faire sa gymnastique, Griselda qui donna naissance à une plante à miroir, où chacun pouvait s'admirer. Il y eut encore, la famille Dutroll, qui mit au monde un pommier dont les pommes avaient le goût de chocolat, Grunchk qui fit pousser la plus belle collection de barrettes à cheveux. Mais la victoire la plus remarquée fut celle de Mademoiselle Trollinette, qui put donner naissance à des fleurs de sourire et de bonne humeur: sa performance restait dans toutes les mémoires et était jusqu'alors inégalée.

Le troll Greengarden était bien décidé à remporter le prochain titre du concours. L'année passé, il avait impressionné le jury avec ses carottes feu d'artifice. Ces dernières explosaient et produisaient mille couleurs lorsqu'on les épluchait. Malheureusement, il avait été devancé par Hectroumf qui avait, quant à lui, inventé des tomates rieuses. Ces dernières se mettaient à rire dès qu'on les cueillait, entrainant dans leur fou rire toutes les personnes se trouvant aux alentours. Les gens de Trollville n'avaient jamais autant ri que cette année là et les tomates leur firent passer un bon moment. Hectroumf fut sacré jardinier d'or, pour le plus grand désespoir de Greengarden.

Cette année, Greengarden avait mis beaucoup de courage pour remporter la compétition. Il avait désherbé son jardin, préparé de belles allées et astiqué tous ses outils. Il espérait pouvoir faire pousser quelque chose d'extraordinaire et s'était durement préparé.



 Lorsque le maire de Trollville annonça le début du concours, chaque jardinier regagna son jardin. Ils avaient un mois pour donner naissance à leur plantations. Il faut dire, que dans le pays des troll, tout ce qui est planté pousse très vite, mais pour cette compétition, le délai était très serré et ne donnait pas le doit à l'erreur.

Cette année là, Greengarden avait choisi de cultiver un jardin de belles pensées. Après l'exploit de mademoiselle Trollinette avec ses fleurs de sourire et de bonne humeur, il avait pu observer combien il était difficile de faire ce genre de culture. Il était bien décidé à se surpasser, et, surtout à faire quelque chose d'utile pour la communauté. Dans son village de trolls, nombreux étaient les personnages ronchons et désagréables. Un peu de belles pensées pour tout le monde ne pourrait  leur faire que du bien.

Ainsi, Greengarden venait chaque jour dans son jardin planter de nouvelles pensées: il avait mis des pensées de joie, de fraternité, d'amour pour le monde, de bonne humeur, de pardon, d'écoute... Il y mettait tout son cœur. Une fois plantées, il venait chaque jour les voir, leur dire qu'elles étaient belles et combien il était fier de les voir pousser. Il était heureux de voir, petit à petit, son jardin prendre forme.

Mais un jour, il s'aperçut que ses belles pensées s'arrêtaient de grandir. Il avait beau les complimenter sur leur beauté, les aimer de tout son cœur, il n'y avait rien à faire. Il put même observer des pensées qu'il n'avait pas plantées qui se mettaient à pousser dans son jardin: elles étaient toutes tordues, grimaçantes et repoussantes. Après observation, il vit que c'étaient ses doutes, ses peurs, ses envies de pouvoir, sa vanité, ses mensonges... qui étaient en train de se dévellopper là, parmi les belles pensées qu'il s'était donné tant de mal à cultiver.
-Que faire? Se demanda-t-il. Je dois absolument trouver une solution pour mon jardin, se dit-il.

Il alla rendre visite à sa grand mère, mamie Trollsaitout, qui était toujours de bons conseils.
 -Mon petit, lui dit-elle, si tu essaie de planter des belles pensées, sans t'être débarrassé de tes pensées sombres, c'est très difficile. Les doutes, les peurs et tout ce qui te chagrine, tout cela reste présent et va essayer faire disparaître tes belles pensées. Lorsque tu rentres dans ton jardin, prend soin de te délivrer de tout ce qui te semble négatif, ainsi tu pourras laisser toute leur place à tes belles pensées.

Greengarden écouta sa grand mère et retourna dans son jardin. Il y installa une grande poubelle juste à l'entrée où il mettait chaque jours ses pensées et sentiments négatifs. Ainsi, il rentrait dans son jardin en pleine forme et pouvait se consacrer pleinement aux belles pensées. Ces dernières se remirent à croître et le jardin reprit toute sa vigueur.

Pendant ce temps, les pensées sombres s'accumulaient de plus en plus. Greengarden en rajoutait chaque jour et la poubelle ne tarda pas à déborder. Elles vinrent alors perturber le voisinage et polluer tout les jardins alentours. Greengarden était désolé de constater ce qui se passait. Il retourna voir sa grand mère pour lui demander des conseils.

Mamie Trollsaitout lui expliqua:
 - Bien sûr, c'était une bonne idée de mettre tes pensées sombres à la poubelle. Mais en faisant cela, tu ne fais que les accumuler et les déplacer ailleurs que dans ta tête. Tu dois trouver un moyen de les faire partir définitivement.

Greengarden, après avoir beaucoup réfléchi, alla faire un tour dans la forêt et s'enferma dans son atelier des jours entiers. On pouvait l'entendre bricoler et s'affairer, sans savoir ce qu'il était en train de préparer. Après plusieurs jours de dur labeur, il installa un drôle d'objet à la sortie de son jardin. Des passants furent intrigués et lui demandèrent de quoi il s'agissait.
-C'est une poubelle magique, leur expliqua-t-il. Elle sert à recevoir tout ce que nous avons dans la tête et qui nous dérange. Une fois ces pensées gênantes à l'intérieur, je rajoute consciemment de la poussière d'étoiles blanches. C'est alors qu'une chose incroyable se produit: le contenu de la poubelle magique se dégrade et se transforme en bon compost. J'utiliserai ensuite ce compost pour fertiliser mon jardin.

Il récupéra toutes les pensées négatives qui s'étaient infiltrées chez les voisins et se remit à jardiner. Les pensées négatives, qui avaient créé tant de dégâts, furent transformées en bon compost. Son jardin devint resplendissant et Greengarden, à force de faire le ménage dans ses pensées devint, lui aussi, rayonnant.

Le jour tant attendu du verdict arriva. Un comité d'inspection des jardins se déplaça dans tout le village pour admirer les plantations. Il y avait, cette année encore, des tas d'idées intéressantes. Madame Farfetroll avait cultivé un champ entier de pots de chambre autonettoyants. Monsieur Grandtroll avait donné naissance à une nouvelle variété de buisson qui changeait de couleur en fonction de la météo du jour. Grobalour avait, quant à lui, fait pousser une herbe qui développe les muscles de celui qui les mange sans que cette personne ne fasse d'effort.

Vint le tour de Greengarden de présenter son jardin. Il y avait des tas de magnifiques fleurs: des tulipes de joie, des roses de paix, des iris de fraternité, des marguerites d'amour pour le monde...
Le jury ne dit pas un mot, nota des informations sur un carnet et repartit en visite.

Ce soir là, tout le village était convié à un dîner du village. On y servait de la confiture de sauterelle, de la citrouille piquante, de la tomate rieuse, des saucisses grillées cueillies dans l'arbre et même des carottes feu d'artifice. Tout cela en l'honneur des cultures des années précédentes.

Quand tout le monde eut fini son dîner, le jury convia la population pour annoncer leur verdict. Après un temps de suspense insoutenable, ils proclamèrent le nom du jardinier d'or de l'année. C'est Greengarden qui fut sacré, pour sa plus grande joie et la fierté de sa grand mère Trollsaitout. Un grand bal fut donné en l'honneur de cette victoire et les habitants du village vinrent le féliciter.

  Les m ois qui suivirent, il partagea ses découvertes avec tout les trolls qui s'y intéressaient. Ils fabriquèrent ensemble des tas de poubelles magiques et les jardins de belles pensées fleurirent parmi le pays des trolls.



Nul ne sait ce que Greengarden et ses amis du village de Trollville nous préparent pour la prochaine compétition. Peut être pouvons nous leur souffler quelques idées?
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Dimanche 18 octobre 2009 7 18 /10 /2009 19:39

Li-Meï était une éléphante d'Asie connue dans tout le pays pour sa connaissance des  pantes et ses nombreuses recherches scientifiques.

Jadis, elle avait mis au point une potion permettant à qui la boirait de changer de couleur de façon permanente. Elle avait testé son invention sur son cousin Georges, éléphant d'Afrique. Ce dernier était devenu rose et, après avoir vécu une carrière de star internationale grâce à sa nouvelle couleur, il avait supplié sa cousine de lui trouver un antidote pour retrouver l'anonymat.

Cette histoire avait fait renoncer Li-Meï à l’utilisation cette potion, aux conséquences bien trop importantes. Elle l'avait, donc, rangée tout au fond d'un coffre fort, là où personne ne pourrait jamais la trouver.

Depuis cette histoire, la situation dans son pays s'était nettement dégradée. Elle vivait en Chine, parmi des animaux aux mille couleurs. Pendant de nombreuses décennies, la paix et l'harmonie s'étaient installées et rien ne semblait venir troubler cette quiétude.
Jusqu'au jour où une commission d'animaux bleus décida que seuls les êtres vivants de leur couleur méritaient le respect et la reconnaissance. Ils tentèrent donc de chasser tous les autres animaux hors du pays.

 

A la suite de cet évènement, les animaux qui, jusqu'à présent vivaient tous ensemble en harmonie, se regroupèrent par couleur et décidèrent de ne plus se fréquenter les un les autres.

Ainsi, les animaux marron vivaient séparés des bleus, des verts, des rouges, des jaunes... Chaque couleur avait investi un territoire et tentait de persuader les autres de s'en aller le plus loin possible. La haine, la peur et le chaos s'installèrent. La Chine devint le pays d'un important conflit parmi les animaux.

Li-Meï, attristée par ces évènements se replia dans son laboratoire de recherche et refusa de les côtoyer. Elle aurait aimé trouver une solution pour que la paix revienne parmi les animaux, mais ne savait pas comment s'y prendre.

Son cousin Georges, apprenant le désordre qui régnait dans son pays et la tristesse de sa cousine décida de lui rendre visite. Il s'installa, donc, dans la chambre d'amis du laboratoire. Là, ils discutèrent et se rappelèrent de l'époque où Georges était devenu rose.
-Est ce que tu as toujours cette potion pour changer de couleur? Peut être pourrait-t-on l'utiliser pour faire réfléchir les habitants sur ces conflits? Lui demanda-t-il.
-Bonne idée, lui répondit-elle. Mais je dois l'améliorer et j'aurai besoin de ton aide.
-Avec plaisir! S'écria-t-il.
C'est ainsi que Georges devint un agent infiltré, œuvrant pour sa cousine au sein de la Chine.

Il devint tout d'abord missionné pour aller récolter les plantes dont elle avait besoin. Comme ces dernières se trouvaient sur les territoires des autres couleurs, il devait s'intégrer aux habitants. Sa cousine, avec sa potion de couleur, lui permettait de prendre l'aspect des habitants. Il devint donc tour à tour, un éléphant bleu, marron, violet, jaune, rouge, orange... et parcourut tout le pays à la recherche des précieuses herbes que lui demandait Li-Meï. Au passage, il pouvait aussi observer les habitants. Aucun d'entre eux ne fut surpris de croiser un éléphant de leur couleur, ils étaient bien trop occupés à réfléchir sur la meilleure manière de faire fuir les autres à tout jamais.

Une fois tous les ingrédients récoltés, Li-Meï prépara une énorme quantité de sa potion améliorée .
-Il faut la mettre dans la rivière, expliqua-t-elle à Georges. Les animaux de tout le pays en boiront et leur couleur changera.

Georges fut, une nouvelle fois, envoyé par sa cousine. Il était chargé de déverser une fiole de potion dans tous les lacs, les rivières, les points d'eau... Il parcourut des kilomètres, et mena sa mission à bien.

Bientôt, les animaux furent atteints de symptômes étranges et leur couleur changea. Ils étaient horrifiés de voir leur pelage, leur plumage, leur carapace, leurs écailles... se transformer ainsi. Ils étaient tous devenus multicolores et cela les rendit de fort mauvaise humeur.

Chaque territoire, se précipita aussitôt chez son voisin, persuadé que c’était une de leurs œuvres machiavéliques, mais ils constatèrent bientôt que chaque habitant du pays était atteint du même problème. Georges et Li-Meï avaient bu, eux aussi de la potion, pour que personne ne soupçonne qu'ils étaient à l'origine de ces perturbations.

Les animaux furent vite désorientés: comment se regrouper  par couleur désormais? Il n'y avait plus aucune différence entre chacun: ils ne savaient plus où aller, ni qui ils étaient. Ils réorganisèrent leurs habitations et chacun choisit un lieu qui lui plaisait pour y construire sa maison. Ils se mirent à se cotoyer, tout en étant désagréables les uns avec les autres et s'accusant mutuellement d'être responsable du problème.

Non! Ils n'aimaient pas du tout cette situation, ils détestaient la nouvelle couleur de leur pelage, plumage, carapace, écailles... Agacés, ils finirent par se rencontrer tous ensemble pour trouver une solution. Ils convoquèrent tous les chercheurs, les scientifiques et les médecins du pays pour qu'ils travaillent ensemble sur la question. Li-Meï se garda bien de leur donner des explications sur l'origine du problème, ni même de leur parler de l'antidote qu'elle avait déjà fabriqué.

Li-Meï et Georges, attendirent et attendirent encore. Les scientifiques se disputaient des théorèmes, n'étaient pas d'accord sur les résultats de leurs expériences et leur travail n'avançait pas. Pendant des mois, ces recherches ne donnèrent absolument rien.

Pendant ce temps, les animaux avaient pris de nouvelles habitudes, Chacun s'installait confortablement dans sa nouvelle habitation. Ils suivaient attentivement les résultats des recherches et en discutaient avec leurs voisins, espérant être enfin libérés de ces satanées couleurs. Des amitiés se lièrent et les animaux oublièrent petit à petit les conflits qui les animaient jadis. Une seule chose était devenue importante : mettre fin à ce fléau multicolore.

Lorsque Li-Meï vit les habitants de son pays se parler et vivre à nouveau ensemble, elle jugea qu'il était temps de donner quelques éléments aux chercheurs, afin qu'ils puissent enfin avancer dans leurs découvertes. Très vite, ils mirent au point une première potion qui fit devenir tout les habitants verts à petits pois bleus. Certes, ce n'était pas le remède final, mais c'était déjà un progrès considérable. Puis, se succédèrent de nombreuses autres potions où les animaux devinrent rouges à rayures violettes, puis complètement recouverts de carreaux de toutes les couleurs pour finir complètement sans aucune couleur.

Li-Meï et Georges étaient satisfaits du désordre qu'ils avaient causé et de la réaction que chacun avait pu avoir dans le pays. Ils décidèrent donc, sans rien dire à personne de déposer l'antidote dans toutes les rivières, les lacs et les points d'eau du pays.

C'est ainsi que les animaux se réveillèrent un matin en ayant retrouvé leur couleur d'origine. Chacun découvrit avec stupéfaction qu'il avait des voisins d'autres couleurs que lui. Mais peu leur importait ces différences, ils étaient bien trop heureux d'avoir enfin retrouvé leur état naturel. La paix fut de nouveau présente en pays de Chine pour le plus grand plaisir de Georges et Li-Meï, qui ne révélèrent jamais à personne qu'ils étaient à l'origine de  tous ces évènements.
Par Dreaming Floflo - Publié dans : Contes du pays des animaux - Communauté : Alice, au pays des merveilles
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